Lunettes connectées : “Filmer son assiette au restaurant avec ses lunettes connectées n’est pas illégal. Filmer un inconnu dans un vestiaire l’est”, rappelle Vanessa Matz

« Ce n’est pas parce qu’une technologie permet de filmer tout le monde, partout, tout le temps, que cela devient socialement acceptable. Les lunettes connectées peuvent offrir des usages utiles, notamment pour certains publics comme les personnes malvoyantes. Mais elles posent aussi de vraies questions en matière de vie privée, de consentement et de sécurité dans l’espace public. Filmer son assiette au restaurant avec ses lunettes connectées n’est pas illégal. Filmer un inconnu dans un vestiaire l’est. La différence est essentielle : la technologie ne suspend pas les règles de droit, ni le respect dû aux autres », souligne la ministre.

Alors que ces dispositifs se démocratisent et se banalisent, de plus en plus de personnes craignent de pouvoir être filmées, enregistrées ou identifiées sans le savoir dans l’espace public.

Dans les transports, dans un restaurant, dans un bar, dans la rue ou dans des lieux plus sensibles comme un vestiaire, les citoyens doivent pouvoir continuer à évoluer librement, sans craindre une captation invisible ou intrusive.

Vanessa Matz attire également l’attention sur les risques spécifiques que ces technologies peuvent faire peser sur les femmes dans l’espace public : « Une femme ne devrait jamais devoir craindre d’être filmée, suivie ou identifiée à son insu dans un bar, dans la rue ou dans les transports. Les dérives sexistes existent déjà dans le monde numérique. Les lunettes connectées ne peuvent pas devenir un nouvel outil d’intimidation, de surveillance ou de harcèlement ».

Un cadre juridique clair au service de la protection des citoyens

La ministre tient à rappeler qu’il n’y a pas de vide juridique. Les droits belge et européen prévoient déjà plusieurs mécanismes de protection, notamment à travers le RGPD, le droit à l’image, le Code pénal ou encore le futur cadre d’application de l’IA Act : l’enregistrement de conversations privées, la diffusion d’images sans consentement ou l’identification biométrique de personnes dans l’espace public sont strictement encadrés, voire interdits selon les cas.

« Le cadre existe. L’enjeu est désormais de le faire respecter efficacement. Face à des technologies qui évoluent très vite, notre responsabilité est d’anticiper les dérives, pas seulement d’y répondre lorsqu’elles sont déjà installées », insiste la ministre.

Des bonnes pratiques indispensables

Au-delà du cadre légal, la ministre appelle aussi à une responsabilité collective des utilisateurs. Elle rappelle plusieurs principes simples :

  • Informer les personnes autour de soi lorsqu’un enregistrement est en cours ;
  • Désactiver les fonctions de captation lorsqu’elles ne sont pas nécessaires ;
  • Ne pas utiliser ces dispositifs dans des lieux sensibles ou inattendus ;
  • Demander le consentement avant de publier une photo ou une vidéo impliquant d’autres personnes ;
  • Ne pas masquer ou désactiver les mécanismes de signalement, comme les lumières LED ;
  • Réfléchir avant de partager du contenu concernant autrui.

« La loi protège les Belges contre les abus. Mais pour préserver une société apaisée, libre et sûre, il faut aussi des comportements responsables. Le respect de la vie privée ne peut pas dépendre uniquement d’une petite lumière sur une branche de lunettes », ajoute Vanessa Matz.  

Des campagnes de sensibilisation seront organisées afin d’informer les citoyens sur les usages responsables de ces dispositifs et sur les droits existants en matière de vie privée.

Anticiper plutôt que subir

La ministre entend porter ce débat au niveau européen afin d’anticiper les risques liés à l’essor des lunettes connectées et des potentielles futures technologies d’identification (« Name Tag » ). Les risques dépassant largement les frontières nationales, Vanessa Matz a donc contacté le Comité européen de la protection des données afin d’ouvrir une réflexion sur les risques liés à l’essor des lunettes connectées et aux dispositifs capables de capter ou d’identifier des personnes à leur insu.