Face à la multiplication des évènements météorologiques extrêmes, la ministre Matz veut renforcer les capacités de l'IRM
Trois vagues de chaleur successives et un incendie majeur dans les Hautes Fagnes : l’été 2026 aura rappelé avec force que les conséquences du changement climatique sont déjà une réalité en Belgique.
La ministre Vanessa Matz, en charge de la Politique scientifique, s’est rendue à l’Institut royal météorologique (IRM) pour saluer le rôle joué par l’Institut face aux événements météorologiques extrêmes de cet été et son appui aux autorités et aux services de secours.
À l’occasion de cette visite, l’IRM a présenté à la ministre le débriefing de son intervention lors de l’incendie des Hautes Fagnes. Dès le 15 août, l’Institut a été mobilisé dans le cadre de la concertation de crise wallonne. Les prévisionnistes de l’IRM ont fourni plusieurs fois par jour une prévision météorologique spécifique pour la région touchée, permettant aux autorités de suivre l’évolution des conditions météorologiques susceptibles d’influencer la propagation du feu et d’accompagner les services engagés sur le terrain. L’IRM a également modélisé la dispersion des particules fines liées à l’incendie ayant un impact sur la population, et transmis ses résultats aux autorités chargées du suivi de la qualité de l’air.
Cette mobilisation s’inscrit dans un été marqué par une succession de situations météorologiques exceptionnelles. À Uccle, 15 jours ont dépassé les 30 °C entre le 1er juillet et le 15 août, contre 5 en moyenne, tandis que cette période figure parmi les plus sèches jamais enregistrées. A l’IRM, 20 prévisionnistes et 4 scientifiques ont été mobilisés à plein temps au cours de l’été pour assurer le suivi des situations météorologiques et répondre aux besoins des autorités.
« 2026 nous rappelle que le changement climatique n’est plus une réalité à laquelle nous devrons faire face demain, mais que ses effets sont déjà là. Les vagues de chaleur successives, la sécheresse et l’incendie qui a ravagé les Hautes Fagnes illustrent l’évolution des risques climatiques auxquels notre pays est confronté. Ces dernières semaines ont aussi montré à quel point l’expertise de l’IRM est indispensable lorsque notre pays est confronté à des situations extrêmes. Ses observations et ses prévisions permettent aux autorités et aux services de secours de disposer des informations nécessaires pour prendre les bonnes décisions au bon moment », déclare la ministre Matz. Elle poursuit : « Alors que les risques évoluent, nous devons veiller à préserver cette capacité et à donner à l’Institut les conditions nécessaires pour continuer à remplir pleinement ses missions ».
La ministre Matz défendra les moyens nécessaires aux missions de l’IRM
La rencontre a permis de revenir sur les besoins de l’IRM dans un contexte budgétaire particulièrement contraint. Dès la fin du mois de juin, la ministre Vanessa Matz a demandé l’inscription, dans le cadre de la préparation du budget 2027, une demande d’exemption des économies additionnelles liées au remplacement sélectif des membres du personnel partant pour les trois institutions du Pôle Espace : l’IRM, l’Observatoire royal de Belgique (ORB) et l’Institut royal d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB).
Cette demande repose sur le caractère critique de leurs missions : les trois institutions fournissent aux autorités des données et une expertise indispensables à la sécurité de la population et des infrastructures. La ministre défendra cette position dans le cadre des prochaines négociations budgétaires d’octobre.
« Les défis auxquels nous sommes confrontés évoluent et notre capacité à y répondre doit évoluer avec eux. Cela suppose de pouvoir compter sur des institutions scientifiques solides, capables de produire une expertise de haut niveau et de la mettre au service de l’intérêt général. C’est cette capacité que nous devons préserver », conclut Vanessa Matz.
FIRECAST : mieux prévenir les risques d'incendie de végétation
L’IRM a également présenté à la ministre le projet FIRECAST, qu’il souhaite déposer dans le cadre de l’appel à projets S4Policy de Belspo. Le projet porte sur le risque d’incendie de forêt en Belgique et vise à mieux identifier les facteurs météorologiques qui favorisent les incendies, à améliorer les systèmes d’alerte et à analyser l’évolution de ce risque dans le contexte du changement climatique. Il comprend également un volet consacré à la dispersion des fumées et à la qualité de l’air.
Les résultats du projet pourront notamment être utilisés par les services de gestion de la nature, les services d’urgence et les pompiers.
S4Policy est le programme de Belspo consacré à la recherche au service des politiques publiques.