Accompagner le retour au travail après une absence de longue durée : un expert en réintégration dans chaque administration fédérale

Reprendre le travail après plusieurs mois d’absence n’est jamais un simple retour à la normale qui se fait en un claquement de doigts. Derrière chaque retour, il y a une personne qui doit retrouver sa place, son rythme, sa confiance. Il y a aussi une équipe qui doit se réorganiser, un environnement de travail à adapter, parfois des habitudes à revoir pour éviter que les mêmes causes ne reproduisent les mêmes effets. C’est à cette étape fragile mais décisive que l’administration fédérale veut mieux intervenir.

Car si l’absentéisme pour maladie au sein de l’administration fédérale a globalement légèrement diminué ces dernières années, les causes liées au stress et à la santé mentale prennent une place de plus en plus importante. Selon le dernier rapport Medex, les raisons psychiques ou liées au stress représentent désormais 43,7 % de l’ensemble des jours de maladie, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré.

Dorénavant, chaque service public fédéral devra disposer d’au moins une personne experte en réintégration d’ici fin 2028. Ces expertes et experts seront désigné(e)s parmi les collaborateurs des services publics eux-mêmes. En s’appuyant sur des personnes qui connaissent déjà le terrain, les réalités internes, les contraintes de l’organisation et les équipes concernées, l’administration fédérale entend garantir un accompagnement au plus près des situations vécues.

Pour la ministre Matz, la lutte contre le burn-out ne peut pas se limiter à compter les absences. Elle doit aussi passer par une meilleure prévention, une détection plus rapide des signaux d’alerte et un accompagnement humain, concret et individualisé du retour au travail : « Le burn-out et les absences de longue durée ne sont pas des chiffres abstraits. Ce sont des situations humaines qui appellent un accompagnement attentif, adapté à chaque situation. Quand une personne revient après une longue absence, il faut pouvoir se poser les bonnes questions. Que peut-elle reprendre pour commencer ? À quel rythme ? Avec quels aménagements ? Comment éviter qu’elle ne retombe dans la même situation ? Et comment accompagner l’équipe qui l’accueille à nouveau ? », explique Vanessa Matz.

Le SPF BOSA assurera la formation des expertes et experts, en collaboration avec l’INAMI ou un organisme de formation agréé. La formation, d’une durée de 29 jours, portera notamment sur la législation, la santé mentale, les aménagements raisonnables sur le lieu de travail et la gestion des conflits. Chaque service public devra disposer d’au moins une personne experte, mais les administrations qui le souhaitent pourront en désigner davantage en fonction de leurs besoins.